Faut-il différencier l’Education de nos filles?

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Education des filles

Je suis une maman de trois filles. J’avoue qu’avant d’être maman je ne m’étais pas posée de véritable question sur l’éducation de mes enfants. Comme tout le monde, le schéma général était de les éduquer dans le respect de l’autre.

Je ne pense pas être féministe ni avant-gardiste. Cependant depuis quelque temps j’ai commencé à me poser des questions sur certains aspects de leur éducation à savoir « Comment donner à mes filles les codes pour évoluer dans ce monde d’hommes »? « Comment donner à mes filles la confiance en soi nécessaire pour qu’elles osent s’indigner des profondes inégalités de notre société? Le système éducatif mixte: mythe ou réalité?

Tout a commencé , il y’a deux ans par la phrase malheureuse de la maitresse de Biquette 2. C’était le carnaval et elle avait 4ans. A la question de savoir en quoi les enfants vont se déguiser, ma fille a spontanément répondue « Spiderman ». (Normal, elle en est méga fan). La maitresse a naturellement répondu: « Mais Non Biquette 2, Spiderman c’est pour les garçons ».

Je passe sur les états d’âme que cette réponse , qui lui semblait anodine , a crée en ma Biquette de 4 ans.

En fait, cette expérience m’a appris que ni l’attitude observée à l’école, ni les attentes exprimées par notre société, ni parfois celle dispensée dans la famille ne sont pas identiques pour un garçon et une fille.

Parce que nous ne trompons pas, nous ne sommes pas seuls maîtres de l’éducation de nos enfants. L’éducation est, selon moi, construit autour de trois axes: celle que nous donnons dans la famille, celle transmise par la société (les médias, les personnes, la publicité, les représentations genrées,…) et celle assurée par l’école. 

Pourquoi le champ des possibles de mes filles est réduit par Notre société? Que s’est il donc passé depuis le temps de la « femme gauloise » qui était associée au décision politique?

Malgré notre statut de « bon élèves », les filles rencontrent beaucoup de plus de difficultés dans la vie professionnelle. Etre une femme aujourd’hui en France est le 1er facteur d’inégalité de l’accession à l’emploi. C’est à ce moment là que nous nous rendons compte de l’emprise des stéréotypes sexués. Cette idéologie que l’école et la société transmettent dès le plus jeune âge à nos enfants au travers de pratiques professionnelles, de discours, de films, de jeux et jouets qui modèlent nos enfants.

J’ai décidé de dire « Non » à tout cela.

Mes filles ont besoin:

  • d’être encouragé au dépassement
  • d’avoir des modèles , des représentations féminines ayant oeuvrées pour aggrandir leur champ des possibles et réaliser leurs rêves.
  • d’avoir une bonne estime de soi car c’est de là que va dépendre leur appétence au risque et leur gôut à la réalisation personnelle et professionnelle.
  • de se connaitre et de s’aimer comme elles sont. Parce que de cet amour de soi découlera la façon dont elles se représentent dans la société.

Qu’est ce que je fais au quotidien pour leur inculquer cela:

  • J’applique tant que possible une approche bienveillante des choses.
  • Je travaille avec elle leur autonomie et valorise leurs réussites.
  • Elles font de l’Aikido car il est essentiel de connaitre son corps et ses capacités. Il est crucial d’être bien dans son corps et sa tête. La gestion de la peur générée par le combat a un impact significatif sur la gestion du stress au quotidien.
  • J’ai acheté une sélection de livres sur des personnages qui ont marqué notre Histoire par le courage de leurs actions ou par leurs déterminations à raliser leurs rêves. Quoi de plus instructif que de voir la force de caractère qui a conduit le jeune Napoleon de sa corse vers le college d’Autun? Qu’est ce qui est plus désinhibateur que le courage de Rosa Parks à lutter contre la ségrétation et travailler pour un monde meilleur? Qu’y a t’il de plus édifiant que l’audace et le travail  de Jeannette Epps qui sera la 1ère femme astronaute noire à partir en mission à bord de l’ISS. Nos filles ont besoin de plus de représenations féminines afin de construire leurs rêves et ainsi faire évoluer les choses!
  •  Je m’applique à les initier au yoga, à la méditation, à la prière. Parce que Notre Volonté se nourrie de spititualité et d’écoute de soi.
  • J’ai réduit leurs temps de télé, de consoles, d’internet, d’exposition à cette masse d’informations non gérées qui n’a pour réelle but que de nourrir la théorie des genres. En quoi, une femme nue sers à vendre un yaourt???  En quoi, ma fille doit absolument être bonne ménagère? La complémentarité dans le couple, on en parle???

En définitive, j’essaie de leur transmettre ce que j’ai durement appris au travers de toutes mes expériences, chuttes, blessures,….: « Il ne faut pas laisser aux autres l’occasion de nous enfermer dans leurs stéréotypes. On ne se définie pas comme femme, noire, blanche, croyant, athée, homosexuelle, diplômée,… .! Non, on se définie comme une entité propre et unique qu’est chacun de nous. A chacun de voir de quelle nuance est faite sa composition ».

A mes filles, qui me font évoluer et que j’aime!

Et vous, différenciez-vous l’éducation de vos filles?

Education des filles Mamansem

 

 

 

12 Commentaires

  1. J’avoue que je ne me suis pas encore posée la question car ma fille est petite. Mais ce qui est certain c’est qu’elle se différencie bien de ses 2 grands frères. Elle a un caractère totalement différent et plus attirée par le rose, les doudous et les poupées ; tout en jouant aux voitures. Alors qu’avec 2 grands frères elle a été habillée en garçon les premières années !! Soit c’est inné soit c’est inconscient de notre part, mais on constate une vraie différence. Bon c’est vrai que maintenant il y a l’école et les copines et on ne contrôle plus tout ce qui lui est inculqué.
    Ton article est très intéressant et donne à réfléchir.

    • Heureuse que cet article t’interpelle MamanDe4 ☺! Mes 3 filles sont différentes et si complémentaires: la 1ère a toujours été très girly et un brin douillette. La 2eme, plus intransigeante avoir un epassion pour les voitures et de spiderman. La 3eme, sensible et caractérielle, fan de ses doudous, de spiderman. Je ne peux qu’espérer une société plus juste pour ces femmes de demain. Merci d’avoir échanger avec moi sur la question. Bisous

  2. C’est bien que tu aies réfléchi à tous cela. Nous y avons pas mal réfléchit aussi parce que même si nous avons un petit babyboy nous voulons lui apprendre à respecter les femmes à tous les niveaux que ce soit. Et puis nous sommes convaincus comme toi donc on s’était aussi posé la question au cas où l’on aurait une fille 😉
    Tu as raison il y a des femmes inspirantes que l’Histoire (écrite par des hommes) a oublié. Personnellement ma mamie me racontait les histoires vraies de La Kahina une grande guerrière berbère et cheffe de tribues que j’adorais^^

    • Merci Julie de nourrir ma list ede femme inspirante. Je ne connaissais pas La Kahina. Je vais m’empresser de la découvrir avec les Biquettes. Mon souhait est de leur insuffler la force et la volonté d’être soi malgrè les barrières que peux nous mettre la société ☺. Etre parent: un jeu d’adaptation constante ☺☺

  3. Je n’ai qu’une petite fille de 22 mois et me bats au quotidien contre certaines réflexions du style « t’es bien une fille à chouiner comme ça » ou « les garçons sont plus costauds que les filles », « les garçons mangent plus que les filles ». Pfff, n’importe quoi. Cela ne veut strictement rien dire et ça m’agace grrrr.
    Personnellement, je veille à ne jamais prononcer ce genre de paroles (ceci dit, je n’ai pas de mal puisqu’elles ne me traversent pas l’esprit) . Comme toi, je pense que l’estime de soi et la confiance en soi sont des éléments primordiaux pour le devenir de nos enfants.
    Merci à toi pour cet article.
    A bientôt.
    Cécilia

    • Tu as raison sur toutes ces phrases malheureuse que je traque aussi: « Tu cours comme une fille? » « Elle est garçon manquée » (Non, ma file aime juste le foot!!) « Tu veux être cuisinière comme maman? » (Ben non, maman est conseillère clientèle et pas cuisinière grgrgrgr), …
      Toutes ces phrases qui envoient des messages subliminaux à nos enfants.C’est toujours une joie de partager avec toi. Comme tu le dis, l’apprentissage de l’estime de soi et la confiance en soi sont nos boucliers contre tout cela. Bisous

  4. Tant je suis d’accord avec tout ce que tu dis, tant le titre de ton article me pose vraiment problème… je me doute que tu dis « différencier » par rapport à « la masse » et pas par rapport aux garçons mais il laisserait presque penser que les choses que tu as mises en place n’auraient pas à être mises en place par des parents de garçon or en tant que maman de garçon, je compte faire exactement ce que tu fais (lui montrer des exemple de modèles féminins forts, m’assurer qu’il est bien dans son corps (méditation et co – j’adorerais qu’il fasse aussi un sport martial mais je crois qu’on a tendance à croire que les garçons n’ont rien à gagner à faire du yoga …), faire attention à sa consommation de médias, contenus …
    Je pense que ce qui compte c’est de montrer à tous les enfants que chacun peut évoluer comme il le sent … et si on ne se concentre que sur le fait de montrer aux filles qu’elles peuvent être fortes, on oublie de le dire aux garçons et on prend le risque d’oublier de valoriser les garçons/hommes qui sortent du cliché et de célébrer le danseur, le papa au foyer, l’assistant maternel … Faire des filles qui veulent gravir des montagnes, c’est cool mais si on oublie de dire que c’est aussi ok pour les garçons d’avoir le vertige, tu crois pas ?

    • Whaou, tu as raison parce que je pensais effectivement « différencier » par rapport à l’éducation des garçons. C’est vrai que ce que j’ai mis en place ,n’est pas sexué. Nos garçons aussi ont besoin de voir les choses différemment afin d’impacter positivement leur société. Dans le fond, la vrai action c’est de briser ce modele sexué dans lequel notre société baigne encore. Merci, Merci pour ce commentaire qui fait aussi grandir ma vision des choses. C’est pour cela que j’ai ouvert ce blog, « grandir par l’échange avec les autres ».

  5. Tout un programme dis moi… Bon, sur le fond, je suis complétement d’accord avec toi, ma fille n’est pas très princesse et mon fils n’est pas à fond super héros mais c’est tant mieux… A nous de rester vigilant à ce sujet car les réflexes et notre propre éducation a la dent dure ! La réflexion de la maitresse m’aurait fait bondir… Bon, ici, c’est les grands parents qui ont ce type de réflexion… ici, j’essaie autant que possible de ne pas différencier leur éducation car je trouve que c’est déjà genrer les choses. Une question importante mais pas évident à gérer au quotidien

    Virginie

    • Oui la réaction de la maitresse n’avait fait bondir. J’ai eu la chance d’avoir un Directeur d’école à l’écoute! D’ailleurs, le carnaval suivant, il avait demandé aux Maitresses de choisir des personnages dits « masculins » afin de bousculer les idées reçues. Ma fille était contente de voir Maitresse en « Lucky Luke » ☺. Et comme tu le dis, une question importante mais pas évidente au quotidien.

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